mardi 25 septembre 2012

Septembre

Je n'aime  toujours pas Septembre qui ne m'inspire que  tristes reflexions sur le temps qui passe et qui annonce le bonheur sirupeux et obligatoire des fêtes de fin d'année.
Septembre est le mois des fêtes de Rosh Hashana et de Yom Kippour.
Ce nouvel an juif a deux faces : l'une gaie avec dégustation de miel et de sucreries pour que l'année à venir soit douce, et l'autre triste, parce  que nous nous faisons le compte de nos erreurs de l'année passée, et surtout parce que nous pensons à nos parents et amis disparus.  
C'est à cette période que je me trouve face à cette dualité qui déchire intérieurement tout juif laïc : jouer le jeu de la religion quand on frise l'athéisme pour ne plus sentir le regard consterné de ceux qu'on aime ? ou alors se comporter comme le "renégat" (cette insulte vient d'un proche) qu'on est devenu, vivre normalement, ... oui mais avec le souvenir de ce qui a construit une part de ma vie ?
Il n'est pas facile d'être "un juif de Kippour" et d'affronter la culpabilité, la dualité qui se cache derrière chaque geste. 
Je pense aux parents éloignés,  je pense particulièrement  à Myriam sortie de 3 mois d'hôpital mais encore super faible, à son père, mon oncle Abraham hospitalisé avec plusieurs pathologies complexes, et à Simone ma tante. Ma Zigmund est essoufflée, beaucoup, et Pa Zigmund s'angoisse de la voir essoufflée.
Ils croient en la toute puissance de la médecine et ne comprennent pas que les médecins trébuchent ou doutent. La maladie est  une incongruité qu'on mentionne du bout des lèvres, la mort un tabou.
 Dans ce contexte,il m'a fallu du temps pour comprendre que la médecine avait bien plus de limites que je l'imaginais. 
On nous enseigne qu'à Yom Kippour(qui commence dans quelques instants) se décide en "haut lieu" notre inscription dans le livre de vie.
Bien que très laïc, à la limite de l'athéïsme, je perçois le tremblement de mes coreligionnaires.
Tous vont s'enfermer jusqu'à demain dans le jeûne, la prière et le silence et penser à leurs proches disparus ou malades.
Il est un moment, ce jour là, à la synagogue, où doivent sortir tous ceux qui ont encore leurs deux parents, pour la prière des morts.
Pour des raisons que je ne détaillerai pas ici, j'irai demain à la synagogue,  et je souhaite encore très très longtemps être viré au moment de cette prière des morts et ne revenir que pour le moment final de la nehila. 
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