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samedi 25 novembre 2017

Les choses

C'est une  petite valisette magique  bleue et grise  pas bien jolie et bien "vintage " comme on dit aujourd'hui.
Au carbone 14,  elle date   du milieu des années 50.

mardi 30 décembre 2014

Un médecin généraliste en colère


Les médias nous entrouvrent chichement leurs portes.
Nos patients  ne nous voient pas, par définition, si nous sommes en grève .

Aussi, pour  amplifier les messages des médecins en grève ai je  demandé à certains l'autorisation de diffuser  les textes qu'ils envoient sur Facebook 
Le premier à avoir accepté est le Docteur Jean Jacques Mattei  que je remercie et dont je relaie volontiers la colère.   
 Ce texte  est également accessible sur sa page  face book  

Un médecin généraliste en colère !
Journal de 20h sur France 2 ce lundi 29/12/2014.
La grève des médecins généralistes contre le tiers payant généralisé, est faite pour que les médecins puissent continuer de masquer leurs dépassements d’honoraires.

L'insulte d'une télé d’État, et le mépris d'une ministre en vacances.

On parle bien d'une grève de 80% des généralistes ?
Un profession habituellement toute dévouée à son travail, et qui toute entière se trompe ?
Vous payez 30€ de dépassement en consultation, chez votre médecin traitant ?
Non, pourtant vous seriez dans la moyenne européenne...
Mais bordel, je n'en fais pas de dépassements !
C'est parce qu'on ne veut pas, que ce qui a fait l'excellence du système français, soit détruit et vendu aux assureurs.
LE TIERS PAYANT GÉNÉRALISÉ EST FAIT POUR VOUS CACHER QUE LA SÉCURITÉ SOCIALE EST CÉDÉE AUX MUTUELLES.
Cette désinformation est scandaleuse, mais bien évidemment on ne peut pas dire la vérité à la télé, trop de monde la regarde.
«Chers Français le chômage va baisser !»
«Chers Français tout va bien, la grève n'a aucun impact sur la population, les urgences ne sont pas submergées, (les généralistes ne servent à rien, marchons leur sur la gueule !)»
Merci de nous donner l'occasion de montrer les mensonges de l’État!
Merci de nous donner l'occasion de révéler le totalitarisme !
Merci de nous donner l'occasion de prouver que les médias sont le bras armé de l’État!
Merci de nous réveiller!
Merci de nous motiver plus que jamais!
Merci de nous mettre en colère !
Merci de nous mettre en mode de combat!
Merci ! Merci!  Merci !
Que tout le monde ouvre les yeux, que tout le monde se lève avec nous.
Chers Français le problème des retraites va être résolu, on vous prépare une médecine de merde, vous serez morts avant de la toucher.
Eh bien nous sommes désolés pour nos patients, mais face aux mensonges, il va falloir que vous vous passiez plus longtemps de nous et on verra qui du ministre ou du Médecin sera appelé au chevet du malade !

jeudi 27 novembre 2014

Le prisonnier

En  réponse à la consigne #326 du défi du samedi
 les autres participations sont là 
          (oui j'ai osé encore une fois instrumentaliser une innocente consigne littéraire pour tenter de sensibiliser  médecins et patients à la grève qui s'annonce contre la loi santé et le TPG  !)

Vous me remarquerez à peine sur le bureau de mon maître Zigmund. Il me cache,  parce que je lui fais honte. 

dimanche 6 janvier 2013

une autre table

 en réponse à la consigne #227  du défi  du samedi 
 
C’est moi, la table "canal historique". Oui,  j’'étais là avant ... bien avant la Célèbre, la Grande,  celle qui est en train de devenir la Star table du Net.



Mais moi,  je suis modeste, légère et adap-table,  faite de plastique blanc, ovale,  6 couverts, bref, un  modèle  courant de table d’extérieur.
Quand ils m’ont achetée, j’ai naïvement cru que je vivrais au grand air, un parasol planté en mon  centre  comme mes copines de la jardinerie. Mais les escalators m’ont installée dans la cuisine et je suis devenue  « la table de la cuisine ».
Mon voisin le frigo,  chargé de magnets de toutes sortes, m’a rapidement  mis au courant des habitudes de la maison.
J’ai vu les enfants faire leurs devoirs sous le regard attentif de leurs grands-parents.  
Je les ai vus aussi faire la fine bouche devant certains plats (« j’aime pas ça … j’en mange tous les jours à la cantine ! » et le :  « file dans ta chambre ! » qui suit, proféré par l’adulte excédé)… puis quand ils ont été ados,  j’ai veillé avec eux  et leurs copains tard dans la nuit pendant qu’ils refaisaient le monde en grattant des guitares.
Je sers de point d’observation à Zigmund chat qui perché,  englobe de son regard de prédateur  toute la rue et le jardin ;  je sers  aussi de table de soins pour les matous car  c’est sur moi qu’on les coince pour leur faire avaler leurs médicaments.
La cuisine, avec ses quatre fenêtres, est la pièce la plus lumineuse de la maison, c’est sans doute pour ça que mes maitres  me  préfèrent même pour certaines  réceptions.
Ils me font des infidélités pour les repas de fêtes : dans ce cas  c’est la Table de la salle cheminée qui a l’honneur de la nappe blanche brodée et des jolis couverts après rangement  du désordre endémique de Zigmund (sous la menace).
Justement, les nappes, parlons-en : depuis quelques années, mes maitres,  à la période de noël, mettent un point d’honneur à m’habiller d’une nouvelle toile cirée. On dirait un concours : votre mission si vous l’acceptez est de trouver la nappe la plus farfelue du magasin. Le commerçant les voit arriver en se frottant les mains (« Dis donc Germaine, v’là l’Zigmund ! sors donc les trucs de ouf que personne ose acheter ! »).
 Au début j’ai eu droit à des grenouilles qui attrapaient des mouches, puis ce furent des vaches,  folles bien sûr, l’année suivante ils osèrent les taches de peinture, puis ce furent les crayons de couleur et cette année c’est cette BD  américaine d’un gout très sûr.
Je dois dire que les premiers jours,  je me tape un peu la honte…
Eux-mêmes expriment  des doutes ou des regrets : « tu sais  là on a fait fort … on  n’aurait pas dû … »    Puis tout le monde s’habitue et se félicite de l’originalité de ma nouvelle nappe.
Et moi contrairement à la Table, je ne me laisse pas envahir par le désordre lamen-table.  
z

samedi 2 juillet 2011

En mon arme et conscience

66151810_m 
          Avant de me déclarer innocent, regardez moi bien.
Ne trouvez vous pas que j’ai la forme d’une flèche ?
Je ne vous fais pas peur ?
Vous avez tort …
                                                   Je suis à l’origine de révolutions, et de guerres,
66151808_m                                                  Tout dépend de la main qui me tient...
Aucun stylo n'est inoffensif. Le mien est un stylo plume à calligraphie. Je le nourris à la seringue plongée dans l'encrier.
Il sert à remplir mes dossiers patients (puisque je suis -et serai probablement- toujours seul à supporter mon écriture). Et oui, point de dossier informatisé chez moi : c'est vous, vos yeux que je regarde, l'ordinateur n'est bon qu'à voir les  photos et résultats d'examens.
Beaucoup de  lettres aux confrères sont écrites à la main,et, dans ces moments là, je m'applique à être lisible surtout si le confrère est une "huile".
Une lettre ou une ordonnance écrite à la plume ça vous a  quand même une autre gueule qu'un machin dactylographié.
Mon stylo est arme de résistance :
Ah, le plaisir malsain de laisser glisser le stylo sur une feuille  de soins et de dire mer** "non merci" à Dame sécu et sa carte verte ! (Et tant pis si cette résistance risque de  me coûter cher.)
J'ai appris très jeune à ne pas prêter mes stylos plume. 
Et oui je suis fidèle ...mais à plusieurs stylos plume
(comment dit on ? polygammie ? polystylie ? ).
Il m'est arrivé de tomber amoureux fou d'un stylo en forme de sabre  puis de renoncer lâchement à braquer une banque pour m'offrir cette "danseuse".
Il m'arrive de regretter le temps où je n'écrivais pas au clavier, où je laissais courir la plume sur mes cahiers à petits carreaux où se mèlaient tentatives de calligraphie latine et tracés d'idéogrammes chinois.
Dans ces moments, je prends un vrai papier et j'écris une vraie lettre aux amis lointains  peu connectés, et tant pis si l'ordinateur me fait la gueule l'espace d'un instant...Il sait qu'il gagne du terrain ...

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En réponse à la consigne #156 du défi du samedi
les autres textes sont là
et qq autres textes de mon blog  écrits autour des objets 
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grave et non transpositeur
la machine à faire les lunettes
un prunnier nommé johnny
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et bien sûr tous ceux écrits sur La Table

samedi 27 mars 2010

Rosalie



C'est mon patron qui m'a nommée  Rosalie. 
Classique règle en bois de 45 cm, j’étais crainte et respectée dans cette classe de CE2. Mon propriétaire avait passé presque toute sa vie à l’école, ce qui est normal pour un instituteur  ;   avant qu’on dise « professeur des écoles », on disait « maître d’école ».
On imagine difficilement que cet homme vieillissant, vêtu de son éternelle blouse grise démodée, avait pu être un petit garçon qui jouait aux billes dans cette même école publique devenue mixte après avoir été « de garçons ».
Il arpentait les rangs en rythmant ses dictées, il me balançait pour insister sur un mot  ou  une terminaison   difficile : « les genoux –« kssss » -», ou pour  suivre le cours d’un fleuve  sur la carte.
Dans ces moments, j’aimais déceler son sourire débonnaire derrière sa moustache à la Brassens.
J’ai parfois effleuré les doigts  ou les épaules d’élèves récalcitrants, ou somnolents, mais c’était rare, car mon propriétaire, plutôt calme, ne se mettait jamais en colère. Pour marquer son agacement il faisait sursauter toute la classe en  me tapant à plat sur son bureau : les chuchotements des garnements tétanisés cessaient immédiatement (pour reprendre un peu plus tard...) les dos se redressaient, et  on entendait le silence pendant les quelques secondes suivantes.
Bien sûr, il m’utilisait  aussi pour tirer des traits sur son cahier, mais il me délaissait fièrement pour tracer  à main levée des traits impeccables sur le tableau noir. J’étais un peu jalouse.
A la fin de cette année 1987, mon maître, avant de partir à la retraite, m’a offert à un des  élèves de cette classe.
Si vous m’acceptez dans votre musée, je serai heureuse de revoir des enfants, qui viendront  s’agglutiner devant ma vitrine et j’espère que vous leur raconterez mon histoire. 

dimanche 27 septembre 2009

Grave et non transpositeur

 basson 

26 septembre 2009 Ecrit pour le défi du samedi


Grave et non transpositeur… (Zigmund)

Je suis beau,  grand, sombre et rare, à tel point que je  soupçonne   Zigmund, mon maitre de m’avoir  choisi, plus pour flatter son ego, que par véritable amour. Déjà quand il m’a acheté à Edwige, une vraie professionnelle,  il a avoué sans honte qu’il travaillait peu, qu’il était flemmard, et que finalement il allait m’offrir une belle retraite…
Passent les jours et les semaines où je reste puni,  enfermé dans ma boite. Parfois, il me sort de ma prison, et prend le temps de me monter : grande branche, petite branche sont insérés dans  le morceau inférieur, puis installation du bocal et du pavillon. Quand tout est prêt, il me fixe au collier,  pose  une  l’anche  amoureusement choisie  dans une boite, après  en avoir tiré un son hideux aigu qui fait sursauter tout le monde (il dit que c’est son moyen personnel de savoir  si l’anche lui convient).
Parfois il me regarde avec un air coupable et  caresse en rêvant  mes clefs couleur d’argent  et mon corps  de palissandre. Coupable il l’est, c’est une évidence, il n’en fout pas une ramée et quand arrive le jour de son cours,  il trouve des excuses toujours différentes  pour justifier son niveau lamentable  auprès de son professeur consterné.
De nos vingt ans de  vie commune, je garde, néanmoins  quelques bons souvenirs : quand il a arrêté de fumer, plutôt de s’exciter sur un punching ball, il s’est mis à travailler à chaque fois qu’il avait envie d’une clope… (Et il était souvent en manque !) Et puis cette promesse  toujours tenue, de ne jamais m’abandonner dans une voiture… du coup, il m’emmenait partout avec lui, même sur les plages naturistes de Bretagne.
Le temps a passé, je trône, unique dans l’orchestre, à l’extrême gauche le plus souvent, proche de mes copains les violoncelles qui doublent ma partition pour camoufler les couacs de Zigmund. Vous  verriez comme il se pavane, quand il  entre dans la salle de concert, en me tenant  comme un fusil sur son épaule, et qu’il  rejoint son pupitre*, fier** devant les spectateurs (lesquels chuchotent : « c’est quoi cet instrument ? »)…pourtant il devrait avoir honte, tout juste capable d’aligner quelques noires, s’étouffant à la moindre série de doubles croches, et prêt à m’accuser de ses nombreux canards.

bassoon

On ne me verra plus jamais briller dans Pierre et le Loup (dans le rôle du grand père), ni dans l’apprenti sorcier, et encore moins dans le concerto de Vivaldi, néanmoins, ce piètre musicien a tenu sa promesse de retraite calme et finalement heureuse,  je sers de   camouflage aux chats sur le fauteuil du salon où j’aime à intriguer les visiteurs en attendant qu’il se décide à travailler.

  (* « Pupitre fait de la résistance »
** « fier comme un petit banc »,
sont les calembours préférés de mon maitre)