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samedi 3 mai 2014

Trois pianos et un basson

(un petit retour éclair aux défis parce que la consigne #296 me plait )

Le piano trônait  en bonne place dans le salon, il était pour moi.
J'ai eu du mal à comprendre pourquoi, alors que j'avais opté pour la  harpe, mes parents avaient choisi le piano.
Comme j'étais un garçon docile, quoique peu doué, j'ai suivi sagement les cours de solfège du conservatoire.
Je me souviens qu'à l'examen oral de fin d'année mon prof a murmuré à l'un des examinateurs que malgré mon niveau assez minable, ce serait mieux de me faire passer dans la classe supérieure et de me laisser commencer le piano.
Il avait raison, le résultat de l'examen n'avait déjà plus aucune importance : je savais tapoter le début de la toccata de Bach ... et nous sommes partis sans retour possible en abandonnant le piano et la maison avec.
Par la suite, je retrouve un nouveau piano et je reprends l'étude avec un nouveau professeur. Je découvre les gammes de la méthode Hanon... je dois être maso  ... j'aime ce genre d'exercices  qui vident la tête et j'aime aussi étudier le solfège. Je malmène les classiques : le gai laboureur, la lettre à Elise, le concerto d'Albeniz et  une polonaise de Chopin, mais je refuse de jouer la marche turque de Mozart que j'écoute en boucle  de peur de l'abimer.
Dans une cage près du piano un mandarin chante dès que je me m'installe devant l'instrument. 
Les années passent, mes progrès sont faibles, mon prof est trop coulant, mes études ont pris le dessus.
C'est ma grand mère qui prend ma place : elle chante dans un dialecte arabe-hébreu les chansons de Lili Bonniche ou  de Reinette l'Oranaise ...et toute ma vie je m'en voudrai de ne pas avoir enregistré et photographié ces  moments de grâce. 
Une fois de plus, je laisse mon piano derrière moi pour plonger dans les études de médecine.
Bien plus tard, les sous me manquent pour racheter un piano, en attendant, je reprends à zéro les études de solfège, et je loue un basson ...
La maison résonne d'opéras, de musique baroque, ou contemporaine ;  je me fais régulièrement la promesse de travailler plus sérieusement, mais le temps se rétrécit.
Le piano qui revient  un jour dans la maison est un cadeau  posthume de ma grand mère. Sa photo est posée en permanence sur l'instrument.
Reste cette émotion intacte quand je regarde cette image, que j'essaie maladroitement  de retrouver sous mes doigts les musiques de ma jeunesse, et que je pense à ce premier piano resté de l'autre côté de la mer.
(https://www.youtube.com/watch?v=J7TNPXwnOXI


PS  pardon d'avoir  usé et abusé des liens 

mercredi 11 septembre 2013

un autre 11 septembre

Au baccalauréat  en 1971 je suis tombé  sur la question du Front Populaire en histoire.
Je me souviens encore de ma  réponse : à cette époque il n'y avait eu que 3 cas d' arrivée démocratique de la gauche au pouvoir : Espagne en 1936, Front populaire  en 1936 et Chili en 1971.
Deux  ans  plus tard, un général prenait le pouvoir au Chili et  Pablo Neruda disparaissait peu après  son ami Salvador Allende.
On peut considérer que  l'élection de François Miterrand en 1981 est une arrivée démocratique de la gauche au pouvoir.
Pour ce qui est de François Hollande, arrivée démocratique certes, mais peut on parler de  "gauche au pouvoir " ?  Quelques mois séparent : "mon ennemi c'est la finance "de "I am not dangerous"....

   -
Ne pas évoquer un autre 11 septembre bien plus marquant n'est nullement  une marque d' indifférence ou d'oubli.(merci à M GB pour la photo de New York)



samedi 17 août 2013

Passer les trois portes...ou pas

En réponse au défi du samedi consigne #259


Il m'était arrivé, il y a bien longtemps, de passer cette porte, en invité, pour partager un café.
Pour diverses raisons, je n'avais pas souhaité entrer là comme initié.
Déjà mon trop grand penchant pour le désordre...
Mais j'avais remarqué cette sonnette et interrogé mon hôte lequel avait répondu : 
la sonnette ? oh,  simple ornement, elle ne fonctionne plus depuis bien longtemps !
                      ... J'ai attendu d'être presque adulte pour me mettre à tirer les sonnettes ; quand j'étais lycéen, je le faisais systématiquement  sur le chemin du stade, pour exprimer ma révolte,et mon désaccord  avec les activités sportives proposées. Le jour où quelqu'un est sorti et m'a engueulé ainsi que mon prof, j'ai stoppé mes nuisances et me suis cru guéri.
300px-Square_and_Compasses_at_Masonic_Memorial_2

Sans doute ne l'ai je pas été complètement, peut être suis je resté un grand ado, quelque peu bancal aujourd'hui.
             ... Bien des années plus tard,  je marchais péniblement en m'appuyant sur ma canne, dans cette  "rue de la sonnette de la Loge". 
En repassant devant la grande porte, je me souvenais  de cette ancienne  incursion du "côté de la lumière". 
J'ai regardé la sonnette, quelques minutes, l'ai prise en photo... j'étais seul dans la rue... le bâtiment semblait inoccupé.
Bref, je n'ai pas résisté longtemps, et  j'ai tiré la langue du lion.... où était le problème puisque ça ne marchait pas ?  je suis sûr que vous auriez fait pareil...
Sauf que ces traîtres avaient réparé la sonnette, et que j'ai bien entendu une sonnerie  retentir à l'intérieur !
Aie ! 
Pas question de courir,(entraînement insuffisant) ... La seule solution consistait à  continuer ma route le plus dignement possible : qui pourrait imaginer qu'un bourgeois quinquagénaire pourrait tirer les sonnettes ?
Je ne me suis forcé à ne pas me retourner quand la porte s'est ouverte et que j'ai senti dans mon dos le regard scrutateur du "frère servant" cherchant le jeune polisson sans doute responsable de ce forfait.
S'il m'avait appelé, j'aurais répondu froidement et avec aplomb : "le gosse est parti par là...voyons monsieur, vous pensez bien que ce n'est plus de mon âge de tirer les sonnettes ! "
Si un jour je souhaite passer ce type de porte, il faudra que j'avoue mon forfait (et mon mensonge.)   
 Je crois que, comme Papageno,  je ne suis pas prêt tout simplement.
                                          ... 





mardi 26 mars 2013

seder


J'ai treize ans
Mes grands parents m'ont choisi moi parmi tous leurs petits enfants pour ce voyage dont je rêvais.
Dès mon arrivée j'ai  eu la certitude que j'étais attendu , que ma place était là .
C'est une évidence, je suis ici chez moi...
En ce soir de pâques je suis seul, mes grands parents sont couchés, je me promène dans le jardin de l'hôtel.
D'une fenêtre  ouverte, montent des chants, je m'approche  pour voir et écouter le groupe de personnes  partageant le repas traditionnel.  Si j'osais, je pousserais la porte et je demanderais à m'asseoir à la place  réservée ce soir là, dans chaque foyer, pour l'étranger. Mais je n'ose pas et je reste dans l'ombre à envier ces familles qui chantent et prient. A cette époque je crois encore que j'ai la foi.
Le voyage se termine bientôt, je suis très malheureux de devoir rentrer et de quitter ce pays qui  a toujours été le mien.
A cette époque je suis persuadé que je reviendrai prendre cette place qui m'attend à leurs côtés dès que je serai adulte et j'en fais la promesse.
Je ne suis jamais retourné, la foi s'en est allée,tout doucement,  l'attachement est resté intact.


Seul ce soir comme il y a tant d'années, je n'ai pas pu partager le repas avec mes parents.
Savoir qu'ils ont partagé ce repas tout seuls me brise le coeur.
Ma Zigmund s'est désolée hier d'avoir raté son harosset à cause de la fatigue.
Nostalgique, je caresse Zigmund chat, en repensant à ma promesse non tenue, à ce rêve brisé remplacé par un autre : celui de vivre librement mon métier de médecin et ophtalmologiste.
z

jeudi 21 juin 2012

Haïm à la lumière d'un violon

pour  la fête de la musique cette video
( longue et triste )... et pour ne pas finir sur une note triste  cette illusion d'optique 

dimanche 22 janvier 2012

Préhistoire du Net


i
Longtemps je me suis couché à point d'heure, regardant des films à la télé, lisant, ou tapotant l'ordinateur.
Il fut un temps où les ordinateurs n'existaient pas...
Puis, quand ils ont existé,  ils occupaient une pièce...
Et Internet ? Dis Tonton Zigmund ça existait Internet quand même ? ...
Pas vraiment....
Du temps où la poste et les télécommunications  appartenaient à tous,  il y avait un truc qui s'appelait Minitel. Ça ressemblait à un ordinateur très moche, pas plat du tout , avec un clavier pourri et avec deux couleurs : noir pour l'écran, et blanc pour les lettres. C'était fait pour remplacer l'annuaire papier mais après quelque temps certains journaux ont ouvert des messageries. Il  y en avait de toutes sortes  mais ça pouvait coûter cher...
A cette époque, je me retrouvais célibataire, et avec des copains on avait trouvé les codes pour entrer sans payer  sur la messagerie du journal libération.
C'était comme un fesse bouque mais en bien plus lent,  pas question d'images, et on y rencontrait le pire comme le meilleur. Sur la page d'accueil, s'affichait la liste des "connectés" où je repérais mon  propre pseudo  "Wolfgang" suivi de mon numéro de département  XY.
J'y passais des soirées entières...
Une nuit, vers 4 heures du matin,  je me suis réveillé en sursaut. La maison était vide,  très vide, même le chat  (Wolfgang) était parti en vadrouille...
J'ai d'abord tenté de me recoucher et de me rendormir...impossible
Puis j'ai allumé la télé...bof ! , mis un film dans le magnétoscope mais impossible de me concentrer...j'en tremblais de rage.
Pour la première fois de ma vie je testais l'insomnie, la vraie, celle pour laquelle les patients mendient un traitement. Moi qui avais toujours traité  ce type de demande par un mépris ou une incompréhension (sans l'exprimer bien sûr), moi qui pensais sans pitié des trucs comme "yzonka", c'est pas grave, c'est du temps gagné pour lire, yaka s'occuper et le sommeil reviendra, je comprenais enfin  et je tombais de haut ...
Alors après plusieurs tentatives, j'ai allumé le Minitel et j'ai fait le code du serveur à la recherche d'une voix amie dans la nuit.
Sur la page de garde s'affichait un seul et unique nom : Wolfgang XY et mon message qui tenait en ce seul mot : "insomnie".
 J'ai attendu un peu, puis j'ai écrit comme on lance une bouteille à la mer : "ben alors où vous êtes passés ? "
Dans mes pires cauchemars,la  fin du monde ressemble à ça ...


lundi 2 janvier 2012

in memoriam


Yann avait débarqué un beau jour d'été  dans notre groupe d'amis.
Son regard  dur et glacial  le rendait plutôt antipathique.
Sans emploi fixe, il  vivait dans un taudis. 
Je me souviens que certains, paranos, avaient suggéré que ce pouvait être un "indic", hypothèse rapidement balayée, et, de toute façon, nous n'avions rien à cacher.
Progressivement, il est devenu un ami pour quelques uns d'entre nous, et il a trouvé accueil dans nos maisons.
Electricien bricoleur de génie, il travaillait à son rythme.
Parfois on le voyait, immobile, en admiration devant une goulotte qu'il venait de poser ; je crois bien que, dans sa folie,  il se prenait pour un artiste. Peut être était il vraiment  le seul artiste électricien : il avait posé  un robinet ancien à l'entrée de notre  chambre : le simple effleurement de ce robinet allumait ou éteignait la lampe près du lit, l'interupteur écho (jumelé ) était un petit miroir cerclé de métal à effleurer également.
  Il ne nous avait  pas fallu beaucoup de temps pour voir le côté obscur du personnage : l'alcool  qui pouvait le rendre agressif,  accentuer son mauvais caractère ou le pousser à des conduites  agressives ou suicidaires. Dans sa boite à outils, un flacon en apparence  anodin (siccatif, disait il) contenait du rhum blanc.
Pendant ces dix ans passés parmi nous, il habitait  donc chez l'un ou chez l'autre. Nos maisons étaient assez grandes pour lui faire une vraie place et nous avions appris à lui faire confiance tout  en restant conscients de ses zones d'ombre.
Il lui arrivait de fouiller dans les secrêts de ses amis ou hôtes, et certains, lassés de ses esclandres rares mais retentissants l'avaient déclaré personna non grata.
 D'un chantier d'électricité impayé  pour un restaurateur chinois indélicat, il avait gardé une haine farouche envers les asiatiques. Je me souviens du scandale qu'il a failli déclencher : la salle  du cinéma de Bled la forêt était remplie de tous les asiatiques du coin venus voir "l'année du dragon". A chaque fois  qu'un Chinois se faisait flinguer, il applaudissait ou manifestait sa joie. Nous avons eu du mal à le calmer et avons honteusement rasé les murs en sortant du cinéma...
Capable de provoquer la zizanie par des propos cassants et violents, il avait aussi la faculté de réconcilier  les gens en les distrayant. Je me souviens d'une soirée où les glaçons tombaient entre moi et mon ex-épouse : il a  soudain sorti un jeu de cartes et a fait quelques tours de prestidigitation de plus en plus sympas et drôles. Une demi heure plus tard, nous étions fascinés,attentifs, riant de bon coeur, et l'orage s'était éloigné.
 
Curieux de tout, avide de se cultiver, il s'était plongé dans la bibliothèque de la maison, me faisait un résumé des livres de philosophie orientale abandonnés par mon ex épouse, des livres de mathématiques que je me promettais de lire un jour, il me faisait découvrir des musiques  autres que le baroque ou l'opéra, et me tenait au courant des grands et petits bruits du monde.
Après quelques années, il nous avait semblé enfin apaisé. Pour son anniversaire, il avait organisé une jolie fiesta à l'Escale(c'est lui qui avait ainsi baptisé la maison aux volets jaunes dans sa lettre d'invitation).
Un peu plus tard il a même trouvé un petit boulot régulier.
Et il y a eu cette superbe fête pour le mariage de deux amis, jumelée avec le réveillon du premier janvier 1990, où il officiait très sérieusement à la console de sonorisation.
Le dragon semblait endormi, tout allait au mieux...
Quinze jours plus tard, il a choisi de nous quitter.
Ce départ, il l'avait planifié de longue date et hélas, nous n'avions rien vu.
Je me suis souvenu d'un de  mes cours de psychiatrie :  méfiez vous du patient dépressif qui vous dit :" maintenant ça va mieux"   (ou qui vous offre des fleurs pour vous remercier de vos soins) , il y a un gros risque de suicide.
 Je garde la culpabilité de n'avoir pas su interpréter ce " soit disant mieux" tout en sachant que je n'étais pas de taille pour l'aider.
 La venue prochaine de l'année du dragon, et cette année qui démarre, ravivent en moi les souvenirs de cet ami difficile à cerner.C'est peut être pour ça que cette période de fêtes n'arrive jamais à me plonger dans l'enthousiasme et le bonheur ambiant.
Si nous n'avons pas oublié son côté sombre, nous savons qu'il a créé un lien indestructible entre ceux qui l'ont cotoyé et accepté. Je voudrais croire qu'il a trouvé la paix et la sérénité.
Que les notes de ce morceau d'Eddy Louis(son préféré) que ces quelques mots s'envolent jusqu'à  lui... z
 
 




 
 
 

samedi 24 décembre 2011

les deux diamants

Ce jour là, il pleuvait sur Saïda, la capote de la voiture décapotable prétée par un ami pour l'occasion a refusé de fonctionner, donc Pa et Ma Zigmund ont du se marier trempés. Bien sûr tout le monde autour a du essayer  de les consoler en répétant le classique :"mariage  pluvieux =mariage heureux".
De Saïda je n'ai que peu de souvenirs :   je retrouve l'ambiance du magasin de mes grands parents quand je regarde les échoppes de tissus autour du marché Saint Pierre à Paris.
La maison de mes grands parents était chaleureuse j'y retrouvais mes cousins, j'entends encore ma grand mère chanter "j'ai deux amours" de Josephine Baker.
Il y avait une piscine avec un petit toboggan  : j'ai le cuisant souvenir d'avoir déchiré mon slip de bain sur une aspérité de ce toboggan traitre, et avoir honteux supplié une cousine de me chercher un couvre fesses.


Aujourd'hui Pa et Ma Zigmund poursuivent leur route ensemble. J'aurais voulu emmener Ma à l'opéra, mais quatre hospitalisations en urgence l'ont fatiguée...
Die Zauberflöte n'est sans doute pas son opéra préféré mais si elle passe ici elle comprendra  mon choix.

Quant à Pa, ses préférences vont au cinéma donc les deux extraits sont plutôt  pour lui.

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Chers vous deux, je ne suis pas bien loin, dès que Ma sera rétablie, nous fêterons dignement l'évènement.
Je vous souhaite de poursuivre  cette route longtemps et en bonne santé, je vous souhaite des découvertes et des émerveillements. 
Chers blogamis, si mes passages chez vous se font discrêts, si mes commentaires se font rares et si mes réponses à vos commentaires sont tardifs c'est entre autres du à la santé de Ma Zigmund mais il y a aussi une célèbre table dont je parle moins mais qui est toujours bien là. Pas de lien pour éviter de rendre malades Pa et Ma...
J'allais oublier : Mimosa de "viva la révolucion" vient d'avoir en avance son cadeau de Noël : une petite Léonie il aurait probablement préféré un tracteur à pédales.
Et puis C'est l'anniversaire de Pa Zigmund qui a la coquetterie de ne pas compter ses bougies ...

Comme cette année ça tombe quasi en même temps :  joyeux Noël  ou joyeux Hannouka à tous !


--(merci et bon noël à Lygoma qui m'a fait connaitre ce dessin (issu je crois du quotidien du médecin)--





Z


samedi 22 octobre 2011

Jour de gloire


Jules et Jeanne ont une petite fille en CP  Marion. 
Ce sont des parents normaux, gentils, attentionnés mais  un brin bohème  et souvent dépassés par les évènements.
Or l'institutrice de Marion lors d'une réunion "parents-profs"  a exprimé  son désir de voir arriver les enfants à l'heure le matin, et elle  a ostensiblement regardé  dans la direction de Jules et Jeanne  qui ont piteusement baissé la tête( il est vrai que Marion est très souvent en retard).
De retour à la maison, les bonnes résolutions sont prises : on se lèvera plus tôt , on  va s'organiser au mieux pour que la petite arrivere à l'heure, voire en avance, plus question d'avoir  la honte.
Ce jour là, ils ont fait sonner le réveil une heure plus tôt : réveil de Marion,  douche , habillage, petit déj', brossage de dents et ...en route .
Fiers de leur "timing " parfait, ils traversent  le village,tête haute,  encadrant Marion qui porte son cartable sur son dos. Ils s'étonnent un peu que les rues soient désertes...
L'école est  fermée, on est le 11 novembre...
  

lundi 29 août 2011

le frigo des mots


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 Le frigo de l'Escale est à l'image du reste de la maison : un vieux fouillis que d'aucuns trouveront sympathique et que d'autres jugeront bordélique.
 
Pas question d'enlever un seul des magnets  ou des objets posés dessus. Chacun a une histoire, une justification...petite énumération :
-masque de tigre du  nouvel an chinois 2010.
-un stylo en forme de maïs offert par un labo (lequel ???...m'en fous !)
-le sticker carré de "espace sans foot, la coupe est pleine " que nous n'avons jamais osé exposer à l'extérieur  de peur de nous faire caillasser.
-une étiquette  prise dans un abattoir portant cette  mention mystérieuse : "halal 15%"
-monstres des mers (robin des bois)
-une photo de nos chats précédents (Wolfgang et Zoé)
-un mouton  magnet  rapporté d"Ecosse qui fait entendre une musique épouvantablement fausse quand on appuie dessus...
-et bien d'autres magnets glanés lors de nos voyages...
le frigo de nos amis est orné d'un seul type de magnets : des mots tous différents  qui permettent de former des phrases, étonnantes, tendres ou amusantes. C'est un jeu agréable qui nous a séduits.

Nous envisageons de faire une place sur notre frigo pour ce genre de magnets mots
Et vous ?
A quoi ressemble votre frigo ?

z

samedi 4 juin 2011

retour au paradis






 J'ai  six ou sept  ans .
Ma maison est située dans une rue calme ; il y a une grande cour , une terrasse.
Je vais à l'école, à côte du magasin de mon papa. J'aime plonger mes mains dans les sacs de céréales et faire glisser les grains de blé entre mes doigts 
 Mon grand père enveloppé  de son châle  blanc et bleu récite les prières en hébreu, il ne faut pas le déranger. Mes grands mères font de la pâtisserie à base de pâte d'amandes et de miel. J'aime l'odeur des piments qu'elles font griller  pour les faire sécher au soleil sur des planches de bois.
 Il m'a été offert, à cette époque, d'apprendre à lire en français puis en hébreu, c'est l'un des plus beaux cadeaux que j'ai reçus.
Quand je sors de l'école, je passe aussi voir mes oncles et tantes qui m'offrent quelques friandises. La famille n'est jamais bien loin,  c'est bien agréable et pas seulement pour les bonbons.
On m'a inscrit au conservatoire de musique,  mes profs sont sévères, mais j'aime le solfège et mes parents ont acheté un piano sur lequel je tapote les premières notes de la toccata de Bach .
  L'hiver n'est jamais froid ici. .Il parait qu'en France(en métropole) il neige souvent, on me dit que l'herbe y est bien  verte et  que les vaches sont belles.
  Je rêve devant les photos de la falaise d'Etretat ou des alignements de Carnac que je découvre dans mes livres de classe. J'aime  aussi regarder les images des potagers et des arbres en espalier ...
Avec les copains nous grimpons dans les vieux oliviers du champ voisin, puis nous assistons  à la récolte et à la préparation des olives dans de grandes jarres de terre cuite.
Il fait  très chaud en été .Sieste obligatoire pour tous. 
Fatima, notre jolie nourrice, se couvre de  son grand  voile blanc pour nous emmener au jardin public . Juché sur une balançoire,  je me gave de mûres . Parfois nous allons sur la place Carnot où je fais de la trottinette ou du vélo.  ---
(Photos extraites du site Mekerra  merci à Francis Rodriguez)
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Il y a aussi la piscine et son toboggan et le théâtre de verdure où j'assiste à des spectacles de danse ou de chansons. A la sortie, nous mangeons des glaces au créponné puis rentrons à pied dans la fraîcheur du soir.
Mon papa est passionné de cinéma, il m'emène souvent avec lui et me transmettra pour toujours le virus du septième art. Il m'emmène aussi au stade et  parfois je suis étonné de le voir, lui si calme d'habitude,  hurler aux footballeurs :"vas jouer aux billes !"

 Je regarde avec méfiance ce petit frère qui braille dans son berceau et monopolise l'attention de mes parents.
Il y a aussi l'impressionnant défilé de la légion étrangère.     
Photo José Crespo (site mekerra)
Il y a les pique nique avec les cousins à l'Orange, et je rêve d'un baptême de l'air dans l'un des coucous du petit aéroport proche.
Il y a les paysages méditerrannéens, les orangers, les oliviers, les agaves.
Un jour, il y a ma première éclipse totale de soleil qui va me marquer pour le restant de ma vie.
Et ces villes blanches et la mer bleue transparente...
C'est cette mer que je vais traverser deux ans plus tard pour un voyage sans retour.
 Vue d'ici elle n'aura plus jamais la même couleur.
Voilà je vous laisse le fauteuil à voyager dans le temps....
Prenez en soin...

jeudi 9 décembre 2010

John Lennon, aquarium et souvenirs (le fouillis quoi !)


9 Décembre 2010 , Rédigé par Zigmund
Publié dans #souvenirs
Trente ans déjà que John Lennon a été assassiné.
Depuis quelques jours Gabrielle a trouvé un nom pour le ciclidé africain  qui remplace Saruman il s'appelle "Jaune Lemon"
Au fait  Rocky Sifredo a disparu assez vite et   miss Labeo a rendu l'âme, il y a peu ; elle repose à côté de Saruman dans le grand bac à fleurs de la salle d'attente.
Donc quatre rescapés dans l'aquarium : Victor le nettoyeur qui nettoie peu, Charybde et Scylla (2 gros poissons chats qui ont disparu depuis quelque temps(peut être agonisent ils dans un coin) et Jaune Lemon vedette incontestée des lieux.
Hier, 8 décembre, les médias nous ont donc "gavé" de Beatles, jusqu'à ce que neige et verglas  passent au premier plan de l'actualité.
Sur  FB quelqu'un demandait de voter pour une chanson de John Lennon ;  bien sûr "imagine " était largement en tête ; j'ai voté pour "instant karma" bien que je n'en connaisse pas la signification exacte,  tout simplement parce que c'est sur ce morceau écouté en boucle et avec plein de décibels au foyer du lycée que je révisais mon baccalauréat . C'est cette musique rythmée et énergique  (que j'aurais volontiers chantée le poing levé) qui reste associée à cette  dernière année passée dans un lycée étouffant .
A cette même époque j'étais impressionné par le film "des fraises et du sang" = "the strawberry statement" et ce final reprenant "give peace a chance " mais aussi la voix de Buffy Sainte Mary  "dans the circle game" la chanson finale.
J'ai revu des extraits de ce film qui a pris des rides comme moi, mais pas tant que ça.
Ce matin après mes consultations, je me suis battu avec  Jaune Lemon pour le prendre en photo ça a été dur, monsieur jouait sa star.
j'obtiens ça  :

   
(déconnexion probable pour qq jours pour cause de congrès et bugs internet mobile)


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samedi 11 septembre 2010

Magie désarmée

la consigne

    Tôt le matin, le site était déjà noir de monde. Dans ma tête tournait ce conseil : "arrange toi pour oublier la foule et ne pense qu’à regarder ! "
    La traversée de l’esplanade écrasée de soleil fut éprouvante, ce matin là, je faisais une overdose de chinois,(suite à une arnaque qui m’avait mis de fort méchante humeur) et j’avais décrété qu’aucun vendeur de souvenirs ne m’approcherait .
   Nous sommes entrés dans le bâtiment, et là, ce fut un choc...
 Surgis des fosses, par centaines, en rangs serrés, ils se tenaient debout  et regardaient droit devant eux. Autour de nous, les chinois bruyants se massaient sur les balcons  surplombant l’armée de l’Empereur ; nous, les rares « longs nez », noyés  dans la masse, étions  bien faciles à repérer.
hangar_armee
  J’ai  passé les jumelles  à Gabrielle, aussi émue que moi par  cette rencontre, pour qu’elle puisse détailler chaque visage, tout en marchant lentement le long de  la balustrade. Quant à moi, pour mieux m’isoler et admirer, j’ai  mis les écouteurs de mon baladeur (les MP3 n’existaient pas) et j’ai balancé le Messie de Haendel qui mettait parfaitement en valeur la beauté de cette armée de pierre. Alors ces  soldats se sont mis à vivre que pour nous, tandis que la foule avait disparu  à nos yeux et nos oreilles.
armee_2
   Peut être pour protéger les statues d’argile, il était interdit de prendre des photos , (l’armée des vendeurs de cartes postales se massait  à la sortie) ; néanmoins, des flashs resquilleurs crépitaient parfois furtivement …de temps à autre, Gabrielle et moi échangions les jumelles et le baladeur pour mieux nous concentrer sur les héros de terre cuite. Nous avions conscience des regards de nos voisins chinois enviant nos jumelles puis nous replongions mentalement dans la fosse parmi les fiers soldats. Tous différents, prêts au combat, bien que désarmés, ils incarnaient une force et une sérénité impressionnantes.
    Nous avons ainsi cheminé au dessus d’eux, détaillant chaque visage, chaque vêtement. Vers le fond du hangar, des soldats moins bien conservés, masse informe érodée, n’intéressaient que nous qui essayions de reconstituer leurs traits.Désarticulés, ou décapités, prêts à retourner au néant d’où ils avaient été tirés, ils avaient quelque chose de pathétique voire d’attendrissant.armee
    Il a fallu toute la persuasion des autres membres du groupe pour nous faire sortir du lieu. Gabrielle murmurait « c’est fou ! je viens de tomber amoureuse de toute une armée ! ».
   Dans le hall c’était la ruée sur les souvenirs et cartes postales ; assis à une table, un vieux chinois (peut être le paysan qui avait mis à jour l’armée par un coup de pioche) signait des autographes contre quelques kuai.La masse des acheteurs m’a empêché de régler le prix de mon paquet de cartes postales…(petite revanche sur l’arnaque dont j’avais été victime le matin)
   Les autres  membres du groupe n’avaient pas été séduits par la visite, et l’un d’eux a osé le «ouais, bof ! ». Je n’ai même pas tenté de discuter ou de convaincre, déjà, dans le bus du retour, je n’avais qu’une idée  en quittant Xi’an : revenir "les" voir.
   Je suis revenu parmi eux avec mes fils, trois ans après, mais j’ai commis l’erreur d’accepter une visite guidée. La foule était toujours là, bruyante, insupportable, la guide bavarde ne nous quittait pas d'une semelle, rendant le recueillement  impossible. Nous avons pu voir les autres salles que Gabrielle et moi  avions ignorées, elles contenaient  de belles sculptures, des chevaux, un chariot, quelques armes…
   Mais la magie de cette première rencontre s’était envolée, peut être à tout jamais.
     

mardi 15 juin 2010

racisme ordinaire


15 Juin 2010 , Rédigé par Zigmund

Publié dans #oeil et regard
Ils étaient là, une bonne dizaine dans la grande salle d'attente de l'hôpital, venus d'un autre monde.
Ca se passait bien avant que la couleur de votre peau ou vos cheveux crépus, vous oblige à montrer patte blanche à chaque coin de rue.
Venus d'un grand pays d'Afrique francophone, ils accompagnaient le patriarche, un saint homme respecté , dont les yeux étaient en grand danger. Ils plaçaient toute leur confiance en nous, et  avaient visiblement voulu  nous faire l'honneur de leurs plus beaux  atours ;  ils portaient de superbes vêtements traditionnels, tous étaient d'une beauté et d'une noblesse à vous couper le souffle. Les trois épouses du chef étaient rayonnantes mais inquiètes. Le garde du corps était le seul vêtu à l'européenne. Le boss allait donc examiner ce chef  musulman reconnu et extrêmement  célèbre dans son pays. Alors, quand le patron m'a confié l'examen  de la réfraction du fils aîné, étudiant dans une école coranique, j'étais  fier et très  impressionné par cette  mission toute simple...
Pour mesurer les lunettes du jeune homme, j'ai du traverser le service.(le fronto focomètre=la machine qui mesure les lunettes se trouvait à l'autre bout du service)
Et c'est là que j'ai rencontré EB, un  interne qui m'avait remplacé une ou deux fois. Ce garçon, issu de la grande bourgeoisie provinciale, sortait tout juste d'un cocon familial, où on ne passe à table que coiffé, rasé, chemisé et cravaté(voire "noeud papillonné") et où on se vouvoie systématiquement. "Nous n'avions pas les mêmes valeurs", certes, mais  nous entretenions des rapports courtois voire cordiaux.
A EB qui s'étonnait de me voir là avec cette paire de lunettes dans les mains, j'ai répondu : "je vais mesurer les lunettes de Monsieur B " Et toute ma vie  je me souviendrai de sa réponse : "tu vas quand même pas faire des lunettes à un n*gre !".
Je n'ai plus revu EB qui  ne m'a plus jamais remplacé...

samedi 27 mars 2010

Rosalie



C'est mon patron qui m'a nommée  Rosalie. 
Classique règle en bois de 45 cm, j’étais crainte et respectée dans cette classe de CE2. Mon propriétaire avait passé presque toute sa vie à l’école, ce qui est normal pour un instituteur  ;   avant qu’on dise « professeur des écoles », on disait « maître d’école ».
On imagine difficilement que cet homme vieillissant, vêtu de son éternelle blouse grise démodée, avait pu être un petit garçon qui jouait aux billes dans cette même école publique devenue mixte après avoir été « de garçons ».
Il arpentait les rangs en rythmant ses dictées, il me balançait pour insister sur un mot  ou  une terminaison   difficile : « les genoux –« kssss » -», ou pour  suivre le cours d’un fleuve  sur la carte.
Dans ces moments, j’aimais déceler son sourire débonnaire derrière sa moustache à la Brassens.
J’ai parfois effleuré les doigts  ou les épaules d’élèves récalcitrants, ou somnolents, mais c’était rare, car mon propriétaire, plutôt calme, ne se mettait jamais en colère. Pour marquer son agacement il faisait sursauter toute la classe en  me tapant à plat sur son bureau : les chuchotements des garnements tétanisés cessaient immédiatement (pour reprendre un peu plus tard...) les dos se redressaient, et  on entendait le silence pendant les quelques secondes suivantes.
Bien sûr, il m’utilisait  aussi pour tirer des traits sur son cahier, mais il me délaissait fièrement pour tracer  à main levée des traits impeccables sur le tableau noir. J’étais un peu jalouse.
A la fin de cette année 1987, mon maître, avant de partir à la retraite, m’a offert à un des  élèves de cette classe.
Si vous m’acceptez dans votre musée, je serai heureuse de revoir des enfants, qui viendront  s’agglutiner devant ma vitrine et j’espère que vous leur raconterez mon histoire. 

vendredi 11 septembre 2009

dissection d'un choeur

--Depuis quelques années un groupe mélant adultes et ados se réunissait le vendredi soir pour chanter. Le répertoire était sans prétention, mais parfois assez difficile.
 A la fin de l'année nous présentions notre travail sous forme d'une comédie musicale, dans la salle communale pleine à craquer, indulgente et conquise d'avance.
Quel  plaisir d'être ensemble, de se retrouver chacun dans "sa voix", de tatasser traitreusement avec ses voisins, sous les regards courroucés de Louisa, notre chef de choeur.
Elle avait fort à faire avec nous ; notre humour potache et nos blagues arrivaient souvent à la dérider, mais, quand elle nous accompagnait dans nos fous rires, le travail stagnait...et dès qu'elle prenait conscience du temps perdu, elle piquait une colère, ou décrétait une pause (cigarette).
Nous avions la flemme d'apprendre nos paroles, chaque fois qu'elle essayait de se renseigner là dessus nous prenions des airs dignes et offensés"comment, tu n'as pas confiance en nous ? Elle n'avait pas confiance et elle avait raison : au  deuxième rang circulaient des "grattes" parfois accrochées dans le dos des choristes du premier rang.
Quand il s'est agi d'étudier West side story, quelques uns d'entre nous ont perfidement  voté pour la VO, non pas pour apprendre des paroles en anglais(ce dont nous étions presque tous incapables) mais parce que nous savions que Louisa maitrisait si mal l'anglais qu'on pourrait lui faire avaler n'importe quoi ! Elle s'est douté de notre fourberie, et Lise a réalisé une excellente traduction  en plus de la mise en scène  de tous les spectacles.
Pendant ces années, nous avons eu  trois pianistes, attachants et drôles.
Notre répertoire ?
-musique créole
-les chansons du film les choristes(adaptation pour la commémoration de la libération des camps de concentration)
-un deux trois soleil sur des chansons de Brel et Fugain . cette pièce qui  évoquait entre autres la maladie et la mort, nous l'avons dédiée à l'une d'entre nous, emportée par le crabe.  
-une comédie dans le style Brodway ; j'ai réellement détesté cette musique, mais étudier une partition difficile qu'on aime pas est une expérience interessante.
-enfin notre version de West Side Story(rebaptisée Manhattan) travail intense sur deux ans. J'avais un petit rôle, j'étais le bras droit de Bernardo , qui oscillait entre son travail de pianiste et son rôle de chef de bande. (fort peu baraqué pour un chef de bande).
Nous avons travaillé avec des danseurs  et danseuses d'une école proche et ce fut une collaboration agréable.Deux représentations dans une grande salle et puis c'était fini.
Le rideau est tombé pour toujours sur notre groupe qui semblait si uni. 
Une dernière soirée où les ados nous ont chanté un au revoir avant de s'envoler  vers des horizons lointains pour leurs études. Restaient les adultes, en nombre insuffisant, mais sans  la pêche,...l'orage grondait,certains l'ont vu venir, et  peu après cette "dernière"  soirée arrosée, un des couples  adultes s'est brisé avec dommages collatéraux.
J'ignore si je retournerai chanter cette année,avec un groupe différent, il me reste la nostalgie de tous les bons moments passés avec eux.--------------

vendredi 17 juillet 2009

shanghaï (dans l'avion)


17 Juillet 2009 , Rédigé par ZigmundPublié dans #voyage
Cet article paraitra pendant que je serai dans l'avion.
La table est à peu près rangée- photo sans trucage - avant c'était pire !




les bagages ont été faits défaits refaits.
L'hideux sac bleu a ceci de pratique, (outre qu'il contient un bout de ma bibliothèque et mon ordi) de pouvoir jouer le rôle de sac à dos ou de valise à roulettes.


Vous ai je dit que je suis peu rassuré en avion ?
Pas pratique quand on a peu de vacances et qu'on aime la Chine
Pourtant des avions j'en ai pris beaucoup...
Il y a eu l'avion pour les Baléares, avec mes parents pour moi tout seul, puis celui pour Lyon et le Jura pour me soigner, puis l'avion de l'exil survolant Alger la blanche.

Quelques années plus tard, pour des vacances,à l'arrivée dans un aéroport , j'ai eu le sentiment voire la certitude qu'on m'attendait, que là était ma place... mais je suis sagement retourné près de mes parents.
Pendant ces 12 heures qui me séparent de Shanghaï, je passe en revue tous ces souvenirs d'avion, je mâche mes infâmes chewing gums à la nicotine, (pour me calmer, c'est çà ou les anti dépresseurs), et j'origamise des grues.
Lors de mon premier voyage en Chine, en pleine nuit, mon amie Cécile et moi étions allés fumer à l'arrière de l'appareil, histoire de calmer notre angoisse commune de l'avion.Tous les passagers dormaient, nous survolions  l'Asie centrale ou peut être déjà la Mongolie et nous rêvions déjà à un prochain voyage. Un steward nous a conduit dans la cabine de pilotage et nous avons pu discuter avec les pilotes(c'était avant 2001, nous n'avions rien demandé,c'est juste que le steward nous avait trouvés sympas) et même nous assoir à la place du pilote(je retenais mon souffle...)
Plus tard nous avons pris les lignes intérieures chinoises : une fois, dans la salle d'embarquement, la télé diffusait un match de foot. L'équipage y compris les pilotes ont tranquillement attendu la mi temps pour faire partir l'avion...
  
A bientôt...

 

vendredi 10 juillet 2009

Quelques clefs en vrac

Samedi défi consigne #68
"Je vous propose de jouer avec le mot :
Clé 
Il s'agit d'écrire un texte dans lequel
la clé aura un grand rôle à jouer.

Toute proposition est acceptée. Large choix d'écritures ou d'illustrations.
        A vos trousseaux !
Envoyez vos participations à samedidefi@hotmail.fr la clé est sur la porte ...




Quelques clés en vrac
Sur les clefs tout fut dit ou quasi.

Joe Krapov  a traité, mieux que je ne l’aurais fait, l’idée  qui me tournait dans la tête, de vous livrer les secrets de mon trousseau de clefs.
Si quelqu’un détient les clefs de l’horloge, je serais heureux d’avoir du rab de temps *pour vous écrire un défi  plus  digne. (mais je dois choisir entre mes préparatifs de voyage en Chine et  une belle réponse au défi).
Quitte à vous livrer un défi bâclé, autant  vous le faire court.
Mes premières clefs sont des lettres, celles de l’alphabet latin puis hébraïque intégrés dans l’enfance. Peut être est la raison de ma fascination pour les  alphabets, la magie des  lettres elles mêmes, quelle que soit leur origine ou la langue dont ils ouvrent les portes.


Je réserve un bout de ma retraite(si j’en ai une, et si mes yeux tiennent) à la découverte de l’écriture égyptienne .
 Plus tard, mes  clefs sont  des mots : un exemple en est la préparation aux concours, qui  fait appel aux sacro saints  « mots clefs »,   jalons donneurs de points ;  pour répondre à la question d’examen, caser n’importe quelle ineptie était envisageable, pourvu que  le correcteur  pressé repère ces  marques d’un savoir artificiel. Telle était  la clé de la réussite au concours pour devenir médecin. ( les QCM d’aujourd’hui sont plus expéditifs)
La langue chinoise écrite repose également sur des clefs ou radicaux ; ceux-ci permettent quand ils sont maitrisés, de décortiquer ou de prononcer  un caractère chinois inconnu.
Avec ce qui précède le rapport est lointain, je n’ai jamais oublié la séquence des clefs du film de Gébé l’An 01 (1973)
où les gens se débarrassent de toutes leurs clefs dans la rue, sur une chanson de François Béranger. -------------
Mais voilà, chers défiants,  il me reste 9 jours pour me replonger dans la langue chinoise… reconnaissez que c’est bien peu…
(*mouvement  pour le développement du rab…)