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jeudi 23 juin 2011

Je n'accepte pas /par le Dr Marty UFML 23 juin 2011



À tous
Suite aux déclarations de la Cour des Comptes qui demande un ROSP "négatif" si les objectifs ne sont pas atteints (ce que l'UFML  annonce depuis des mois !) veuillez trouver un texte écrit par  le Dr Jérôme Marty  le 23 juin 2011 au lendemain du vote en faveur de la mise en place de P4P par les syndicats signataires et envoyé à M Chassang....
Je n’accepte pas le 22 juin 2011,
Le 22 juin 2011 les syndicats majoritaires ont décidé d’abattre la médecine libérale. 
En petit comité,  sans aucune concertation avec la profession, sans avis de la base, ils ont décidé de dire oui au paiement à la performance.
Ainsi nos responsables ont confondu mandat syndical et chèque en blanc, rôle politique professionnel et réalpolitique. 
Me voilà donc de fait assujetti à la caisse d’assurance maladie.
Médecin aux ordres d'un système où les actes médicaux et non médicaux rapportent des points, et, les points des euros.
Un système qui met à bas l’idée même de médecine libérale. 
Maigre acteur subventionné d’une médecine où la maladie de l’un est la maladie de l’autre, où les actes sont identiques pour tous, où les logiciels d’aide à la prescription subventionnés remplacent l’esprit de synthèse, où la procédure et le protocole remplacent la réflexion, et la qualité médicale singulière au parcours de chacun.
Médecin numéro d’un système médical oukasé par la caisse d’assurance maladie… Obéisseur d’une médecine administrée à outrance.
Médecin prisonnier d'un système où l’assurance maladie mettra en place des critères de surveillance, toujours plus variés, plus fréquents, plus lourds.
Un système qui pénalisera la relation individuelle médecin-patient, pervertira l’acte médical au profit du remplissage de tâches administratives. Un système qui remplacera mes choix de soins par les orientations économiques décidées par l’état et la caisse d’assurance maladie.
Je n'accepte pas ce système et dénonce l’aggravation à venir de la pénurie d’installation des jeunes médecins, et l’augmentation des départs à la retraite de nos aînés.
Ma médecine reposait sur la relation de confiance entre les médecins qui appliquent les dernières données de la science et l’assurance maladie ; elle sera désormais tributaire du dirigisme et du contrôle !
Tous obéissants, tous assujettis, tous normés et que plus rien ne bouge !
Ma médecine reposait  sur une addition de différences, médecins différents, patients différents, pathologies différentes, cas humains différents, différences génératrices de complexité et fécondes d’art médical (...)
Ma médecine savait la difficulté de l’autre, l’humilité face aux pathologies, à leur diagnostic clinique et complémentaire, à leur expression différente liés souvent au parcours de vie de chaque patient.
Ma médecine était libre et sa liberté était faite de ces différences, (...)
Je n’accepte pas la médecine décidée ce 22 juin, faite d'utilisation de bréviaires et de livres de recettes, fameux guidelines qui bornent l’exercice médical jusqu'à l’enfermement et la médiocrité. (...)
La crise mondiale a, si l'on en croit les explications pitoyables de nos responsables syndicaux, guidé les décisions prises le 22 /0­6
(j’ai bien lu les positions de M Chassant sur le site même de la CSMF)
Responsable donc mais pas coupable...
Je n’accepte pas l’encadrement toujours plus important de ma profession. Encadrement administratif, professionnel, associatif : le médecin ne doit plus décider seul, sa responsabilité doit être diluée, le groupe l absorbe, il disparaît...
Création de structures administratives dont les membres, progressivement, sont devenus plus nombreux que les représentants de la profession dont ils dépendent.
Pas d'ARS, d'HAS sans médecins, pas de DHOS sans soignants, constat simple et pourtant oublié  par ceux là mêmes  qui vivent aux crochets  d'une profession, la ralentissent, et la desservent  plus qu'ils ne la servent, par méconnaissance, idéologie, autoprotection, bêtise. (...)
Je déplore la couardise de nos dirigeants face à certaines associations de patients, qui,  trop souvent, ont transformé leur mission d’aide aux patients et de travail en partenariat avec les professionnels de santé, en opposition et en suspicion permanente. Des associations aux dirigeants dont l'histoire et le vécu personnel, masquent, remplacent et pervertissent l'intérêt du groupe.
Des associations qui ont le droit de tout dire, de tout écrire, sans vérification, dans l'ignorance des réalités et rejoignent ainsi à la fois la méconnaissance des politiques et leur intérêt de déstabilisation du système. Des associations souvent représentées  par quelques membres, jusqu'au boutistes, qui s’expriment  au nom de patients (entité protéiforme et de fait silencieuse) qui ne se reconnaissent pas dans leurs écrits ou leurs discours haineux. (Ce que nous vérifions chaque jour dans nos cabinets ou dans nos services).
Je ne peux supporter qu’en moins de 20 ans la durée d’exercice d’une infirmière au sein de la hopital public soit passée de trente ans à moins de 10 ans. Qui ose regarder cette réalité, comment en est-on arrivé au paradoxe d’un pays en crise dont le chômage ne cesse de progresser, où  les bénéficiaires de la garantie de l emploi prennent le risque de l’abandonner pour partir vers des horizons moins sécurisés. Qui peut croire que ces infirmières deviennent infirmières  libérales pour trouver un exercice plus confortable et plus rémunérateur ? C’est pourtant une des explications données par nos responsables politiques et administratifs, qui prouvent la encore leur méconnaissance totale du monde libéral.
Les IDE ne quittent pas l’hôpital pour un exercice plus confortable, elles le quittent  pour exercer leur fonction même, le soin, simplement parce qu’elles ne soignent plus, ou peu, ou mal  à l’hôpital. Trop de procédures, de protocoles, de traçabilité, de papiers, trop de non-soin ont déséquilibré l’exercice. Au sein d’un système hiérarchique qui souvent oublie  la reconnaissance, avec une violence quotidienne subie au sein de services sans direction à force de diluer la responsabilité médicale sous la coupe d’une administration, pléthorique contreproductive et souvent inutile. Le résultat est là : plus de 20 ans d’activité perdu par IDE du secteur public.
Des professions de santé guidées, aux exercices délimités par des protocoles, des procédures, des objectifs de performance, et, dès maintenant la désertion de certains, la résignation et la désespérance d’autres, et demain l’infantilisation de ceux qui ne connaîtront que ce système. 
Un système où le soignant pense où on lui dit de penser, une caporalisation de la médecine.
Des maisons médicales de garde financées par la sphère publique ou par des groupes financiers, où  le médecin jadis entrepreneur devient salarié : caporalisation
Des réseaux de soins, dont l’utilisation devient obligatoire pour être bien noté : caporalisation
Une activité professionnelle rémunérée selon la participation à des objectifs économiques ou politiques : caporalisation
Des campagnes de santé publique qui remplacent  l’éducation, l’explication, la réflexion, par l’obligation et l’infantilisation. De maigres résultats, une surévaluation, des sur diagnostics : caporalisation
Une haute autorité de santé qui certifie, évalue, les professionnels comme les établissements, ( grâce à la collaboration de gentils obéisseurs de la profession) et rédige des recommandations de bonnes pratiques: ( d' autres médecins y collaborent  mais ceux-là ont plusieurs maîtres : la HAS et les laboratoires avec lesquels ils ont des intérêts souvent  masqués, merci formindep ) caporalisation
Des ARS qui ont tous les droits sur la médecine de ville, sur les plateaux techniques privés et publics, sur les paramédicaux de villes et d' établissements, sur le médicosocial : caporalisation
Des commissions, comités, sous commissions, pour la douleur, les infections nosocomiales, l’ alimentation, les usagers et j’en passe, où l’on parle plus qu’ on agit, où l’on écrit de nouvelles règles peu ou pas appliquées mais présentes  ce qui contente les nouveaux maîtres du jeu eux mêmes représentants d' associations ou des structures administratives : caporalisation.(...)
Ce texte a été écrit avant l'avenant  8, le CAS, les réseaux de soins, le TPG, la main-mise de l'état sur nos retraites... 
Envoyé à Michel Chassant , ce texte valut à votre serviteur une réponse outrée avec justification totale du ROSP et de la convention qui venait d'être signée ... On connaît la suite ...
L'UFML est apparue dans le champ politique sanitaire et ... depuis sa naissance  l’UFML ne s’est jamais trompée sur ses analyses...
Le ROSP comme le CAS et le TPG sont des enfermements, chroniques d’une servitude annoncée.
Construisons la résistance, libérons-nous !

2 commentaires:

  1. MAGIE?
    J'arrive ici via twitter.
    En juin 2011 , l'UFML avait raison la preuve.
    En fait il faudrait peut être nuancer : UFML débarque vers fin 2012 mais grâce au voyage dans le passé le Dr Marty ( Mc Fly? ) publie sur les internets en 2011 un texte à la verve inimitable.
    Si on lit entre les lignes le texte aurait été rajouté vers juillet 2014 sur le blog lerhinocerosregardelalune.
    C'est un courrier envoyé par le dr Marty de 2011 ( alors représentant FMF) à la CSMF.

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    1. je vérifierai la date... j'ai changé d'hébergeur vers 2012. honnêtement je ne me souviens pas de la date de ce texte Ce dont je me souviens c'est qu'après avoir lu ce texte j'ai demandé au Dr Marty l'autorisation de le publier sur mon blog pour en amplifier la diffusion . je me suis exprimé sur la ROSP fin 2011 à la suite des écrits du Dr Dupagne (https://lerhinocerosregardelalune.blogspot.com/2011/12/timeo-danaos.html) et j'ai refusé la ROSP par lettre RAR. Le Dr Marty a été syndiqué CSMF il n'en fait pas un secret et nous avons mené des combats avec la FMF à nos côtés.

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