jeudi 11 juin 2026

Herat

 



(image  Shamsia Hassani ) 

Trouvé (sur  X)  ce  texte  traduit  de  l'Italien écrit  semble  t'il par   Roberto Damico.

Je le publie pour tenter d'en amplifier l'impact même si je suis conscient du peu d'audience de ce blog.

Disons au minimum laisser une trace...


https://www.france24.com/fr/asie-pacifique/20260609-afghanistan-la-police-afghane-disperse-violemment-un-rassemblement-en-faveur-des-droits-des-femmes-burqa-tchador

"Si j’avais envie de plaisanter, je ferais la parodie d’Andrea Tosa – le blogueur, l’activiste, le pro-palestinien – et j’écrirais un post qui commence comme commencent toujours ses posts : « Hier à Hérat, un fait extrêmement grave s’est produit ». Mais là, tout de suite, je n’ai pas envie de plaisanter. Je n’ai pas envie d’ironiser. Je n’ai pas envie de faire la parodie de qui que ce soit. Parce qu’un post qui commence comme ça – « Hier à Hérat, un fait extrêmement grave s’est produit » – et qui parle des femmes afghanes, n’existe pas. Tosa ne l’écrit pas. La gauche ne l’écrit pas. Personne ne l’écrit. Et pourtant – hier, il s’est vraiment passé quelque chose d’horrible à Hérat, en Afghanistan. Et si vous avez encore assez d’âme – si vous n’êtes pas encore devenus insensibles face à la douleur du monde – vous pouvez le chercher vous-mêmes. Les nouvelles sont là. Fragmentaires, ignorées, enterrées. Mais elles existent.

Voici ce qui s’est passé. Une manifestation de femmes afghanes venait de se dérouler. Une foule de femmes – malgré le burqa, ou plutôt avec le burqa – a rempli les rues de Hérat. Des centaines, peut-être des milliers. Elles ont réclamé – attention – pas les droits que nous avons en Occident (le droit de vote, le droit à l’avortement, le droit de porter une minijupe). Elles n’ont même pas réclamé l’égalité des droits. Elles ont réclamé le minimum. Elles ont réclamé l’éducation – qui en Afghanistan, pour les femmes, signifie aussi l’accès aux soins (parce que selon la loi afghane, une femme ne peut être examinée que par une femme ; mais si les femmes ne peuvent pas étudier, alors les femmes ne peuvent pas être soignées). Elles ont réclamé de pouvoir travailler – de gagner un minimum, pour ne pas mourir de faim, pour ne pas voir leurs enfants mourir de faim. Elles ont réclamé moins que les droits que nous en Europe accordons à un chien ou à un chat. Parce que nos amis à quatre pattes – peuvent être examinés par un médecin (de n’importe quel sexe) s’ils sont malades. Peuvent être soignés. Peuvent être sauvés. Les femmes afghanes – si elles sont malades – ne peuvent pas être examinées par un médecin homme. Et si le médecin homme est le seul disponible, elles meurent. Si – après un tremblement de terre – elles se retrouvent sous les décombres de leurs maisons, elles ne peuvent pas être extraites, parce qu’un homme ne peut pas toucher une femme. Et elles meurent sous les décombres. Tandis qu’elles entendent les secouristes qui ne peuvent pas les secourir. C’est l’enfer. C’est l’horreur. C’est la folie.

Et la réponse des talibans à cette manifestation de femmes qui ne demandaient qu’à ne pas mourir – a été la violence. Ils ont tiré sur la foule. Pour l’instant, on parle d’une vingtaine de victimes, mais les nouvelles sont fragmentaires, non vérifiées, peut-être pires.

La nouvelle – comme toutes les nouvelles concernant l’Afghanistan – a été enterrée. Ignorée. Oubliée.

Et je pense que les journaux télévisés devraient être remplis de ces images aujourd’hui. Que les places devraient être pleines de monde – surtout de femmes en colère – qui exaltent l’héroïsme des femmes afghanes, qui dénoncent la brutalité des talibans, qui demandent des sanctions, des interventions, de l’aide. Qui parlent – oui – aussi de leur désespoir. De leur solitude. De leur abandon. Et pourtant – je crois être l’un des rares à en parler. L’un des rares. Pas parce que je suis spécial. Parce que les autres ont décidé de se taire et ne s’indignent que pour Gaza.

Parce que – comme le dit Fausto Bertinotti – « Gaza est l’ombilic du monde ». Au moins pour la gauche. Gaza – et seulement Gaza – mérite l’attention. Gaza – et seulement Gaza – mérite l’indignation. Gaza – et seulement Gaza – mérite qu’on remplisse les places. Le reste – l’Afghanistan, le Yémen, la Syrie, le Soudan, le Nigeria, le Congo – n’existe pas. Ou existe comme un bruit de fond, comme une exception agaçante. Parce que la gauche – la gauche pro-palestinienne – adore se regarder l’ombilic sans lever les yeux.

Et si elle levait les yeux – si elle levait les yeux au-delà de Gaza – elle verrait un monde en flammes. Un monde qui brûle. Un monde dans lequel le djihadisme – la même idéologie qui anime le Hamas – tue, ravage, détruit. Et il faudrait aussi se demander dans quelle mesure il est fortuit que la propagande pour Gaza recouvre mille autres horreurs. Dans quelle mesure il est fortuit que ce soit précisément Gaza – le lieu où le Hamas commande – qui soit devenu l’ombilic du monde. Puisque le Hamas est une émanation de la Confrérie des Frères musulmans – l’organisation qui a pour objectif la création d’un Califat global – puisque la Confrérie veut imposer la charia dans le monde entier, veut effacer les droits des femmes, veut soumettre « les infidèles » – est-ce vraiment fortuit que Gaza et sa propagande empêchent de voir ce que le djihadisme est en train de faire dans le monde ? "

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