samedi 19 septembre 2026

סליחה ! Pardon !


Je publie  ce texte de  Yaël Hassan  

A titre  personnel je ne  pardonne pas et je  n'ai  pas  de  pardon à demander.

Je suis désolé de n'avoir  pas cette  force  ou cette foi, je  suis  désolé de la  colère  qui couve en moi en permanence depuis 3  ans. Si je  n'avais  pas  assisté  à  un tel déferlement  d'antisémitisme  dès  le  7 octobre  peut être  aurai je  pu faire  un effort de compassion.

Ne  me lisez  pas  si  ça  vous  déplait  mais  lisez  Yaël Hassan  : 

"Le Grand Pardon 

À la veille de Kippour, puisque telle est la tradition

C’est avec la plus honnête des contritions que je tiens à vous demander pardon.

Parce qu’il faut bien reconnaître que depuis des millénaires

On vous a fait sacrément braire. 

Pardon déjà d’avoir commencé par vous embêter avec cette histoire de peuple élu, même si, de vous à moi, vu le programme qui allait avec, on aurait peut-être dû lire les petites lignes du contrat.

Pardon d’avoir survécu aux Égyptiens, aux Babyloniens, aux Romains, aux Croisés, aux expulsions, aux pogroms, aux ghettos, à l’étoile jaune, à l'Inquisition et à quelques autres sérieux belliqueux. 

Pardon d’avoir prêté de l’argent quand beaucoup de métiers nous étaient interdits.

Pardon d’être ensuite devenus médecins, avocats, professeurs, commerçants, artistes, chercheurs, écrivains, musiciens… et quelques prix Nobel.

Pardon d’avoir inventé, découvert, écrit, composé, soigné, enseigné, débattu.

Pardon d’avoir été pendant des siècles vos locataires

Pardon d’avoir voulu un chez nous, à force d’être chassés de partout.

Pardon d’avoir été des révolutionnaires, des communistes, des socialistes, des visionnaires souvent aveuglés.

Pardon d’avoir conservé une langue vieille de plusieurs millénaires.

Pardon d’avoir de la mémoire et de vouloir la transmettre à nos enfants.

Pardon d’avoir des patronymes dont la consonnance rime avec sionisme.

Pardon de nos mezouzoth sur les linteaux de nos portes, nos étoiles autour du cou, nos kippas sur la tête.

Pardon de pleurer nos morts.

Pardon de nous défendre.

Pardon de vouloir vivre, rire et danser encore.

Pardon d’être toujours là, plus grands et plus forts.

Pardon, surtout, d’avoir continué d’espérer en vain qu’après quelques milliers d’années

Vous finiriez par vous lasser de cette haine qui vous gangrène.

Gmar Hatima Tova " 

Yaël Hassan



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