Je publie ce texte de Yaël Hassan
A titre personnel je ne pardonne pas et je n'ai pas de pardon à demander.
Je suis désolé de n'avoir pas cette force ou cette foi, je suis désolé de la colère qui couve en moi en permanence depuis 3 ans. Si je n'avais pas assisté à un tel déferlement d'antisémitisme dès le 7 octobre peut être aurai je pu faire un effort de compassion.
Ne me lisez pas si ça vous déplait mais lisez Yaël Hassan :
"Le Grand Pardon
À la veille de Kippour, puisque telle est la tradition
C’est avec la plus honnête des contritions que je tiens à vous demander pardon.
Parce qu’il faut bien reconnaître que depuis des millénaires
On vous a fait sacrément braire.
Pardon déjà d’avoir commencé par vous embêter avec cette histoire de peuple élu, même si, de vous à moi, vu le programme qui allait avec, on aurait peut-être dû lire les petites lignes du contrat.
Pardon d’avoir survécu aux Égyptiens, aux Babyloniens, aux Romains, aux Croisés, aux expulsions, aux pogroms, aux ghettos, à l’étoile jaune, à l'Inquisition et à quelques autres sérieux belliqueux.
Pardon d’avoir prêté de l’argent quand beaucoup de métiers nous étaient interdits.
Pardon d’être ensuite devenus médecins, avocats, professeurs, commerçants, artistes, chercheurs, écrivains, musiciens… et quelques prix Nobel.
Pardon d’avoir inventé, découvert, écrit, composé, soigné, enseigné, débattu.
Pardon d’avoir été pendant des siècles vos locataires
Pardon d’avoir voulu un chez nous, à force d’être chassés de partout.
Pardon d’avoir été des révolutionnaires, des communistes, des socialistes, des visionnaires souvent aveuglés.
Pardon d’avoir conservé une langue vieille de plusieurs millénaires.
Pardon d’avoir de la mémoire et de vouloir la transmettre à nos enfants.
Pardon d’avoir des patronymes dont la consonnance rime avec sionisme.
Pardon de nos mezouzoth sur les linteaux de nos portes, nos étoiles autour du cou, nos kippas sur la tête.
Pardon de pleurer nos morts.
Pardon de nous défendre.
Pardon de vouloir vivre, rire et danser encore.
Pardon d’être toujours là, plus grands et plus forts.
Pardon, surtout, d’avoir continué d’espérer en vain qu’après quelques milliers d’années
Vous finiriez par vous lasser de cette haine qui vous gangrène.
Gmar Hatima Tova "
Yaël Hassan


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